Les films et les séries indiennes sont obsédées par la masculinité. Mais seulement celle qui est cis.

Texte original de Viren Naidu, illustré par Mia Jose et publié par le journal QueerBeat le 18/07/2025. Traduction par Cyan.

« Mujhse dosti karogi ? » demande Celina Matthews à Rith Joshi, dans une scène percutante de la saison 3 de la série Netflix, Mismatched, une série d’amour étudiant. C’est la réplique typique de la rencontre garçon/fille, qui est immortalisée dans de nombreux films de Bollywood. Mais ici, c’est une fille qui la donne, à une personne trans masc.

La réaction de Rith défie les clichés de Bollywood – il grimace et est à deux doigts de partir. Par parce qu’il n’est pas intéressé par la proposition d’amitié de Celina, mais parce que la question mégenre son identité – celle avec laquelle il s’est battu toute sa vie.

Plus tard, Celina se corrige : « Mujhse dosti karega ? » Le visage de Rith s’illumine. Ce changement subtil dans le vocabulaire genré Hindi devient un doux et puissant moment de reconnaissance et d’acceptation.

Lorsque l’on rencontre Rith pour la première fois, il rêve, à voix haute, de devenir Neymar. Pas de devenir un footballer professionnel talentueux comme lui, mais devenir un homme. C’est un désir qu’il ne s’avoue qu’à lui-même, dans l’intimité de sa chambre. Cependant, dans la scène suivante, sa mère le drape, en plaisantant, d’un sari, ce qui le met visiblement mal à l’aise. Elle s’accroche toujours à ses souvenirs de Rithika.

En aficionado de la tech, le personnage de Rith est une version plus douce de Neo de Matrix et de Lisbeth Salander de Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, en plus effacé. Sa présence dans Mismatched marque un tournant dans la représentation trans masc dans le cinéma indien mainstream. Et il ne fait pas qu’exister – il est un personnage bien ficelé. Son identité n’est pas un plot-twist, et il ne renforce pas le stéréotype de la victime. Son identité n’est ni un rebondissement ni une métaphore tragique ; il n’est ni un partenaire comique ni une victime. Rith est un étudiant motivé et introspectif avec un arc romantique tendre, qui navigue entre sa vie étudiante et les crises de cybersécurité – tout en étant ouvertement et visiblement trans masc.

La célébration de la masculinité est un pilier de l’attrait du cinéma indien. Au fil des années, nos écrans ont été honorés par toutes sortes d’hommes : Shah Rukh Khan incarnant le romantique vulnérable qui se languit de son aimée, ou le coach du groupe de hockey féminin qui défend son patriotisme ; Dhanush jouant le garçon lambda tout en terrassant des méchants appartenant à une classe sociale privilégiée ; Allu Arjun, le trafiquant de bois de santal rouge, barbu et assuré, se déchaînant pour la justice ; Hrithik Roshan, toujours à son paroxysme, qu’il joue le tendre Akbar ou l’escroc charismatique.

Ces rôles n’ont pas comme seul dénominateur commun leur forme masculine, mais aussi leur vision cis masculine, qui définit la masculinité présente à l’écran. Il y a peu de place pour une masculinité trans, non-binaire ou butch – des identités qui ne reposeraient pas uniquement sur le machisme, les corps sculptés, ou les stéréotypes hétéronormatifs du désir, mais qui sont des façons tout aussi légitimes d’être masculin⸱es.

Dans une époque où des portraits nuancés de personnages trans femme commencent à apparaître dans les films et les séries Hindi, la trans masculinité continue d’être l’étape de trop. Qu’est-ce qui pourrait faire tomber ce mur ?

Invisibles par Nature

Le cinéma indien a une vision étriquée de la masculinité, d’après Varsha Panikar, un⸱e auteur⸱ice et réalisateur⸱ice trans non-binaire et co-fondateur⸱ice de Star Hopper, une maison de production et studio de création basé à Mumbai.

« La masuclinité repose toujours sur un bagage de classe, cis-normatif et colonial. Les mêmes figures se répètent – l’homme-enfant blessé, le héro agressif, le romantique auto-destructeur. Tout est enraciné dans le contrôle et le privilège, » dit Varsha. « En revanche, pour moi, la masculinité est fluide et résiste à ces idées binaires, étriquées et coloniales du genre dont on nous a nourris en grandissant. »

Même au sein des narrations queer, ajoute Varsha, les modèles hétéros dominent.

« Tout ce qui sort du triange héro-héroïne-acolyte est considéré comme trop niche. » C’est de « l’exclusion codifiée », dit-iel. « Les personnages butch, trans masc, et non conforme de genre sont soit écartés, ou quand ils apparaissent, ils sont souvent tout autant hypersexuels, tragiques, ou toxiques que les hommes autour d’eux. Nos désirs sont soit effacés, soit déformés. »

Shailaja Padindala, une réalisatrice queer basée à Karnataka, voit le droit d’être reconnu⸱e comme masculin⸱e comme un proxy vers quelque chose de plus profond : la liberté.

« L’industrie refuse de montrer des marqueurs d’expression butch ou trans masc – surtout quand ils ne se conforment pas aux normes toutes prêtes dictées par les standards de beauté hétéronormatifs. Des choses comme choisir de ne pas s’épiler ou ne pas se maquiller. » dit-elle. « Cela révèle une croyance, bien ancrée dans la société en général : celle que la liberté d’expression repose seulement sur l’homme [cis]. »

Le portrait nuancé et affirmant de l’identité trans masc de Rith, dans Mismtached, était en grande partie dû à la femme trans à la tête du groupe de scénaristes de la série : Gazal Dhaliwal. « Le Rith de Robinson n’était pas écrit comme un personnage token1 LGBTQ+, » Gazal dit à queerbeat. « Rith était une personne nuancée, pleinement réalisée – un génie de la tech, un rôle principal romantique , un individu avec une évolution – dont l’identité trans masculine était centrale pour lui, mais n’était pas sa seule caractéristique », Gazal ajoute que sa transidentité l’a aidé à apporter de la nuance et de la visibilité aux narrations trans, que les scénaristes cis peuvent rarement reproduire. Par le passé, elle a exprimé le besoin d’être appelée une scénariste trans et non juste n’importe quelle scénariste, précisément parce que sa transidentité influence son écriture.

La représentation des personnes trans dans le cinéma indien s’est améliorée avec les années. De revers comiques aux porteur⸱euses de stéréotypes vicieux, l’illustration des vies trans s’est tournée vers des personnages plus entiers. Sadak (1991) a présenté le personnage de Maharani, une personne transgenre violente qui renforçait un archétype alarmiste, suivi par un personnage en sari joué par Ashutosh Rana dans Sangharsh (1999) dont le cri iconique était cauchemardesque.

Plus récemment, des films et des séries comme Paava Kadhaigal (2020) et Taali (2023) ont tenté de recadrer cette représentation trans avec plus ou moins de succès. Les deux films ont été critiqués pour avoir choisis des acteur⸱ices cis pour jouer des rôles trans, mais ils ont aussi été acclamés.

Cependant, la représentation trans dans le cinéma indien, quelle qu’elle soit, reste toujours très majoritairement trans femme. Darpan Shrivastava, un directeur de casting basé à Mumbai, a dit à queerbeat que le succès de Super Deluxe (2019) et Made in Heaven (2019-), comptant des femmes trans parmi leurs personnages, était encourageant. Pour lui, la popularité des séries et des films qui vont au-delà de ces stéréotypes néfastes qui ne sont pas si vieux, prouve que le public ne rejette pas les histoires trans femme. « Par contre, c’est assez inquiétant qu’aucune de ces œuvres n’incluent de personnages trans masc, » dit Darpan.

Les réalisateur⸱ices disent que ce déséquilibre est moins lié à un rejet de la part du public, et plus à une familiarité culturelle. « Les personnes transféminines sont connues, quelque part, dans la société indienne, » note Sridhar Rangayan, dont le film The Pink Mirror (2002) sur les transsexuel⸱les est toujours interdit en Inde car le Commité Central de Certification des Films le juge comme vulgaire et offensant. « Cette familiarité et cette visibilité nous rend plus acceptant⸱es. En revanche, la société indienne a toujours été indifférente aux personnes trans masculines. Et ce que la société ignore est, également, effacé à l’écran. »

Cette invisibilité s’auto-entretien. En tant que scénariste, Gazal souligne que, même dans les bureaux des auteur⸱ices, les conversations sur la représentation des personnes trans commencent et se terminent toujours par les femmes trans. « La raison est claire : la représentation se construit en voyant des personnes queer à l’écran. Prenez les hommes gays. Ils ont évolué en allant de sous-rôles de soutien kitsch aux rôles masculins principaux. Il faut que ce même changement s’opère avec les histoires trans mascs. »

Mais une telle évolution est plus difficile lorsque l’industrie est incapable de voir les identités trans masc ou butch comme des capitaux esthétiques et narratifs. « Les butch, les trans masc, ne rentrent pas dans les carcans poster-friendlyde l’industrie, » dit Varsha « Nous ne sommes pas assez familier⸱es. Et même maintenant, nous sommes rarement à la barre de nos propres histoires. Nous sommes appelé⸱es comme consultant⸱es, par comme auteur⸱ices. »

Pendant que le cinéma mainstream met ces identités de côté, les réalisteur⸱ices indien⸱nes de documentaires documentent, depuis longtemps, les vies trans masculines et non-binaires. Sridhar, qui est aussi le fondateur et gérant du Festival du Film LGBTQIA+ de Kashish dont la dernière édition vient de se clôturer, montre ces histoires depuis plus de dix ans. Son documentaire de 2014, Purple Skies, a été le tout premier film LGBTQ+ à avoir été diffusé sur Doordarshan. Il y incluait des voix trans masculines, à une époque où le terme lui-même était encore inconnu. Il a enchaîné avec le court-métrage documentaire Raja Bhau (2023), produit par The Humsafar Trust2 et Solaris Pictures3. Celui-ci montrait le chemin d’une personne trans masc vers l’acceptation de son identité par sa famille. En 2025, Kashish a mit en avant Outerlands et Close to You, avec Elliot Page (l’acteur hollywoodien qui a publiquement annoncé son identité d’homme trans en décembre 2020) : deux films internationaux avec des rôles principaux trans masc, montrant à quel point les voix trans masc comptaient dans les autres industries du cinéma.

Mais, comme le dit Varsha : « En Inde, il y a déjà très peu de fonds alloués aux récits de fiction. A l’international, il suffit, parfois, de raconter une bonne histoire. Ici, on doit encore expliquer en quoi un personnage trans masc mériterait d’avoir un rôle principal. »

Il y a pourtant une lueur d’espoir à l’horizon. Certains films à venir, comme Lala & Poppy, commencent à défier les représentations masculines à l’écran. Histoire d’amour entre une femme trans et un homme trans, ce film est écrit et réalisé par Kaizad Gustad et produit par Bobby Bedi, qui a également porté Fire (1995), l’un des premiers drama lesbien en Inde. Le court-métrage Love and Let Love (2024), disponible sur YouTube, est un autre exemple. Il suit une mère qui essaie d’accepter l’orientation sexuelle de sa fille, avec Malini Jeevarathinam dans le rôle d’une butch amoureuse – un portrait rafraîchissant et nuancé de l’intimité queer.

Au-delà des espaces indépendants que sont les festivals de cinéma ou les courts-métrages sur YouTube, une représentation nuancée commence doucement à émerger dans les milieux mainstream. Malini, qui s’identifie comme non conforme de genre, a récemment joué un⸱e officier⸱e de police queer dans Inspector Rishi (2024), une série horrifique en tamoul4, diffusée sur Amazon Prime Video. « Dix ans en arrière, je rêvais qu’existe un espace de création cinématographique où une personne comme moi pourrait simplement exister, et ce plateau, c’en était un. » dit-iel.

L’économie du confort

Gazal pense qu’une représentation nuancée, qui commence pendant le processus d’écriture, perd souvent son ampleur pendant le processus de casting. « Les agent⸱es de casting peuvent être un peu complaisant⸱es lorsqu’il s’agit de trouver lae bon⸱ne acteur⸱ice. Iels jouent la sécurité en ne consultant qu’une sélection déjà faite de talents. »

Jouer la sécurité, c’est la devise que Darpan, le directeur de casting de Mumbai cité plus haut, a entendu de nombreuses fois de la part des directeur⸱ices de sociétés de production :

« J’adorerais embaucher un⸱e acteur⸱ice trans masc, mais il y a une pression à engager quelqu’un de plus rentable, aka les acteur⸱ices cis. Il est plus facile pour les producteur⸱ices de choisir des visages cis populaires que d’être trop ‘expérimentaux’ en engageant des acteur⸱ices transmascs. » Cela signifie que les identités trans masc sont invisibilisées avant même d’atteindre les auditions.

Darpan a ajouté qu’il n’existe pas de base de données qui trace l’identité des acteur⸱ices par genre et que les appels à casting pour les acteur⸱ices queer sont plutôt rares. « On engage toujours un⸱e acteur⸱ice cis par défaut, » dit-il. La performance d’une femme trans par Vijay Sethupathi dans le film Tamil Super Deluxe (2019) en est un parfait exemple.

Darpar ferait-il un appel à casting uniquement pour des acteur⸱ices trans masc ? « Pourquoi pas ? », il répond. « Mais je n’ai encore jamais vu de scripts avec un personnage trans masc. Commençons par écrire leurs histoires. Nous les embaucherons plus tard. »

Bien que des performances de vies trans par des acteur⸱ices cis, comme Vijay dans Super Deluxe, Kalidas dans Paava Kadhaigal et Sushmita dans Taali aient reçu des éloges, ces rôles ne devraient-ils pas être joués avec des personnes trans ? C’est une question souvent posée, mais qui n’a pas reçue de réponse claire. L’industrie semble divisée.

Gazal fait écho à ce sentiment lorsqu’elle parle de A Monsoon Date (2019), un court-métrage qu’elle a écrit, avec Konkona Sen Sharma, une actrice cis, dans le rôle d’une femme trans : « Sa popularité nous a eu le budget, et nous permit de raconter l’histoire d’une femme trans. » Mais elle applaudit également les rares moments de bonne représentation comme Paatal Lok’s (2020), avec l’actrice trans Manipuri Mairembam Ronaldo Singh, dans le rôle de Cheeni, un personnage bien ficelé qui affronte l’injustice infligée à la communauté trans tout en naviguant les accusations de meurtres dont elle est l’objet, et son chemin amoureux.

Il est vrai qu’un grand nom cis peut aider à obtenir les fonds pour produire une œuvre et ramener du public, mais le cinéma indien est tellement habitué à engager des acteur⸱ices cis dans des rôles trans qu’il continue de le faire même lorsqu’il n’y a pas de pressions financières qui le justifient. Varsha souligne que, même si l’on peut comprendre le cast de Sushmita comme rôle principal dans Taali pour des raisons commerciales, les personnages secondaires hijra5 étaient également joué⸱es par des acteur⸱ices cis. « C’est comme ça que commence l’invisibilisation – parce que, même pour interpréter les rares rôles trans qui sont écrits, aussi mineurs qu’ils soient, on ne veut pas engager d’acteur⸱ices trans. »

Mais la représentation authentique n’est pas qu’une histoire de visibilité à l’écran ; elle prend aussi en compte si ces histoires sont écrites avec bienveillance, en coulisse.

Varsha nous dit qu’il y a un fort besoin de changement de ce côté. « Les gros studios et les plateformes de diffusion qui en ont les moyens doivent investir dans la sensibilisation aux problématiques queers et à leur prise en main pour les scénaristes et les réalisateur⸱ices, qui, pour beaucoup, n’ont même pas les connaissances les plus basiques des vies LGBTQ+, » dit-iel. Sans ces changements, iel pense que la représentation continuera d’être uniquement performative. « Nous avons aussi besoin que, lorsque le mal est fait, des responsabilités soient assumées. Ce mal peut aller de l’hostilité de la part des membres de l’équipe, au total manque de respect. »

La route à suivre

Les acteur⸱ices trans ont-iels l’espoir que leurs vies et leurs masculinités soient montrées plus souvent, et de manière plus authentique, au cinéma ? Pour beaucoup, l’espoir n’est pas quelque chose qu’iels attendent passivement, mais bien quelque chose qu’iels construisent activement.

L’un de ces exemples est celui de Shailaja, qui en avait marre d’attendre des récits qui reflèteraient son vécu. Elle a réalisé Naanu Ladies (2021), une histoire d’amour entre deux femmes, avec une butch masculine. Il était difficile, pour elle, de trouver un⸱e producteur⸱ice à l’endroit d’où elle vient, mais elle n’a pas laissé ce rejet la décourager. Et finalement, Just Like That Films, une maison de production britannique dirigée par une femme indienne, a accepté de le produire avec le modeste budget de ₹350 000 roupies6. « Je veux collaborer avec encore plus d’acteur⸱ices trans et réaliser plus de films, » dit-elle.

Varsha partage cet optimisme. Son dernier projet, Operation : Gulzaar, avec deux acteur⸱ices trans masc non-binaire, a été classé deuxième et a reçu la – modeste – subvention Kashish Q Drishti de ₹75,0007 lors du Kashish Film Festival, soutenue par des réalisateur⸱ices et producteur⸱ices tel⸱les que Renuka Shahane, Abhishek Chaubey, Guneet Monga Kapoor et Vikramaditya Motwane. Pour Varsha, ce genre de soutien institutionnel marque un tournant important, pas seulement vers la représentation des personnes queer, mais vers la récupération par les personnes queer de leurs histoires, particulièrement celles qui redéfinissent la masculinité.

Mais, jusque là, ces changements clés n’ont pas atteint le cinéma mainstream. Les petites victoires se sont cantonnées aux films indépendants, aux festivals, aux courts-métrages sur YouTube, et à quelques plateformes de diffusion. Dans les productions mainstream, de Super Deluxe à Taali, peu importe à quel point ces histoires sont puissantes ou problématiques, les personnages trans continuent d’être interprété⸱es par des acteur⸱ices cis. Et les quelques exceptions, comme Made in Heaven, ne mettent en lumière que les personnages transfem. Comme le souligne Gazal, les producteur⸱ices ne montrent que rarement de l’intérêt pour les histoires trans masc ; leur vision se limite aux personnages transfems. Darpan, directeur de casting, a dit à queerbeat qu’il est plus que prêt à faire des appels à casting pour des acteur⸱ices trans masc, mais seulement si les producteur⸱ices et réalisateur⸱ices le permettent. Presque toutes les personnes interviewées pour cet article sont d’accord qu’il n’y aura aucun changement important possible avant que le cinéma mainstream ne choisisse de s’approprier cette diversité.

Asawari Jagushte, un⸱e réalisateur⸱ice, producteur⸱ice et monteur⸱euse trans non-binaire, et co-fondateur⸱ice, avec Varsha, de la boîte Star Hopper, pense que le changement doit commencer par l’acceptation, de la part de l’industrie et du public, d’une masculinité radicalement réinventée, une qui se détache de la visioncis masculine. « Pour moi, la masculinité, n’est pas que dominance, contrôle ou performance. Elle peut être curieuse, douce, fluide, et relationelle. Parfois, elle est visible. Parfois, elle est cachée. Elle n’a pas besoin d’être fixe. » dit-iel.

Le plan existe déjà. Les talents sont prêt⸱es au changement. Mais est-ce que l’industrie, elle, l’est ?

Crédits

Auteur

Viren Naidu : Viren Naidu (il/lui) est journaliste indépendant. Il enquête sur l’intersection entre le genre, la politique, la culture et la justice sociale.

Editeur⸱ice

Visvak : Visvak (iel/il) est écrivain⸱e et éditeur⸱ice de récits à majorité documentaire.

Illustrateur⸱ice

Mia Jose : Mia Jose (elle/iel) est un⸱e illustrateur⸱ice du Kerala, dont le travail met en avant ses histoires personnelles, marquées par le genre, les expériences corporelles et son héritage Sud Indien. Lorsqu’iel n’est pas perdu⸱e dans son sketchbook, iel dévore tout ce qui est kitsch et horrifique.

Producteur

Ankur Paliwal : Ankur Paliwal (il/iel) est un journaliste queer, et le fondateur et éditeur de queerbeat. Il écrit sur la science, les inégalités et les personnes LGBTQIA+ pour plusieurs médias indiens et internationaux.

Je tiens à rappeler que je ne possède et ne suis l’auteur d’aucunes ressources présentées sur ce site. Je ne fais que les traduire.

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1Désigne un personnage de fiction qui est membre d’une minorité et est écrit dans le but de représenter cette minorité.

[Source : Wikipédia] Toutes les notes sont du traducteur.

2La première organisation communautaire pour les personnes LGBTQ+ d’Inde, fondée en 1994 à Mumbai par 3 hommes gays.

[Source : https://humsafar.org/about-us/]

3Société de production fondée par Sridhar Rangayan et Saagar Gupta en 2001, afin d’amplifier les voix des personnes LGBTQ+.

[Source : www.solarispictures.com]

4Langue originaire de l’Inde du Sud. Elle est la langue officielle de l’État du Tamil Nadu et fait partie des langues officielles du territoire de Pondichéry, ainsi que de Singapour et du Sri Lanka.

[Source : Wikipédia]

5Les Hijras sont, dans les cultures d’Asie du Sud, des personnes trans et/ou intersexes qui vivent en communauté. Cette identité, bien qu’ancienne (on en trouve des traces jusqu’à plus de 2 800 ans), a été fortement criminalisée, notamment aux XVIIIème et XIXème siècles pendant la colonisation par l’empire britannique. Aujourd’hui, ses membres subissent encore beaucoup de violences et de discriminations et luttent activement pour leurs droits dans plusieurs pays de l’Asie du Sud, comme l’Inde, le Pakistan, et le Bengladesh, avec une population estimée aux alentours de 3 millions de personnes.
Note : je ne fais pas mention de la notion de « troisième genre » que revendiqueraient les Hijras, car cette notion serait en partie réfutée, et l’officialisation de ce troisième genre comme genre définitif des membres de ces communautés (comme c’est le cas en Inde ou au Pakistan) a comme conséquence de marginaliser et exposer d’autant plus celleux-ci aux violences, aux discriminations, à l’ostracisation, pour des communautés qui semblent être en grande majorité composées de personnes transfem et de femmes trans (cf Talia Bhatt).
Je n’ai ni l’autorité, ni les connaissances, ni le temps de faire des recherches approfondies, il se peut que je me trompe. Je vous invite fortement à vous renseigner par vous mêmes, et à me notifier si je suis dans l’erreur.

[Sources :

Hijra (South Asia), Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Hijra_(South_Asia)

How the British Attempted to Erase the Hijra, sur le Substack de Brown History, le 10/11/2022 : https://brownhistory.substack.com/p/how-the-british-attempted-to-erase

The Hijras taught me that being Trans and Indian is enduring, Alex Parmar-Yee, pour le journal QueerAF, le 7/05/2024 : https://www.wearequeeraf.com/the-hijras-taught-me-that-being-trans-and-indian-is-enduring/

The Third Gender and Hijras, Kristofer Rhude, Harvard Divinity School – Religious Literacy Project, 2018 : https://rpl.hds.harvard.edu/religion-context/case-studies/gender/third-gender-and-hijras

The Third Sex, Talia Bhatt, sur Substack le 01/09/2024 : https://taliabhattwrites.substack.com/p/the-third-sex]

6Environ 3 430€.

7Environ 735€.

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