Absolument toute cette problématique de comment je pense que les réseaux sociaux renforcent la transphobie intériorisée est résumée dans ce comic. Mes compliments à la cheffe. (@tpwrtrmnky sur Tumblr)1

Texte original de Max Gross, publié sur Substack le 28/05/2025, traduction par Cyan.

https://maxgotjokes.substack.com/p/please-dont-be-mad-at-me-but-transition


La dernière fois que j’ai vu mon ami Jay, on a parlé pendant une heure, lors d’une soirée, de comment les incels traitent les hommes trans. Il me racontait que des incels auto proclamés commentaient sur une vidéo par des mecs trans qui parlent d’à quel point c’est difficile de relationner en tant d’hommes (je ne sais pas comment il s’est retrouvé sur cette partie de YouTube, mais on aime un allié.) Et, à ma grande surprise, il me disait que les commentaires n’étaient pas tous négatifs. Jay m’expliquait que beaucoup d’incels… soutenaient ces hommes trans, j’imagine ?… en commentant une réplique tirée de Pirates des Caraïbes qui est devenue un meme : « si tu fais partie du navire, tu fais partie de l’équipage ».

La conversation est venue car, bien qu’embarrassante, elle était nécessaire. On comparait nos difficultés relationnelles, et je me plaignais de ne pas savoir comment gérer ma nouvelle posture de « mec qui doit faire le premier pas ». Cette expérience était, apparemment, suffisante pour que je sois validé en tant qu’homme sur certaines parties d’internet. En me basant sur les dires de Jay, il semblerait que l’un de ces recoins, celui qui déteste tout particulièrement les femmes et les personnes trans… ne verrait les hommes trans comme des hommes que si leur souffrance est la même que celles des hommes cis qui se sentent seuls. Pour ces personnes, l’expérience de la solitude – probablement amoureuse – ferait de moi un homme, selon une version déformée de la masculinité, centrée autour du regard des autres.

Soyons clairs, je ne pense pas que le fait que relationner soit plus difficile ne soit, ne serait-ce qu’un peu, comparable à l’oppression matérielle et sociétale à laquelle font face les personnes trans et les femmes, particulièrement les femmes trans noires. Je peux reconnaître qu’aller mal, c’est aller mal, même si ce sentiment existe à différents niveaux. Le soucis n’est pas non plus uniquement au niveau romantique, mais j’y viendrai. On ne peut pas nier que les incels souffrent, même si leurs manières de l’exprimer sont souvent racistes, sexistes, homophobes, transphobes, et ainsi de suite sur toute la liste des trucs qui vous pourrissent l’âme.

Je ne suggère absolument pas que qui que ce soit prenne les incels en pitié au point d’excuser ces transgressions. En revanche, j’admets (nerveusement) qu’exister en tant qu’homme sur internet depuis plusieurs années m’a montré très clairement comment ce virage s’amorce. Et franchement, la partie « homme trans » d’internet n’est pas immunisée.

J’ai vu Les Posts et je suis transformé (négativement)

Le sens de la masculinité chez les incels est centrée sur comment les autres les perçoivent. Ils semblent poster en espérant principalement toucher d’autres hommes, afin d’échanger des conseils sur comment attirer les femmes : est-ce que ma mâchoire est assez saillante ? Est-ce que je suis trop petit pour trouver l’amour ? Est-ce que cette veste tout à fait normale mais un peu stylée me donne l’air gay, et est-ce que c’est pour ça que les femmes (ou, comme les titres des posts Reddit les appellent souvent, les « femelles » (females)) ne répondent pas à mes avances ?

Je sais à quoi ressemblent ces posts parce qu’ils me sont recommandés tout le temps. Certains sont juste des trucs de mec cis incel qui passent entre les mailles du filet de mon algorithme, sur Reddit et Instagram, même quand je clique sur les boutons « je ne suis pas intéressé » prévus pour ça. D’un côté plus modéré, il y a toujours le post AITA1, pas très subtilement misogyne, qui m’attend au tournant.

Mais je sais aussi à quoi ressemblent ces posts car, honnêtement, beaucoup d’espaces transmascs sur internet, avec du recul, sont identiques, avec une police différente. Ça change à peine. Est-ce que ma mâchoire est assez saillante ? Est-ce que je suis trop petit pour passer ? Est-ce que cette veste tout à fait normale mais un peu stylée me donne l’air trans ?

Ça commence comme ça, et on pourrait penser que, puisque ces réflexions sont spécifiquement trans, il ne s’agit pas du même virage que les autres mecs. Puis on se voit recommander des posts sur, par exemple, les mecs cis qui sont frustrés que la société les voient comme moins masculins parce qu’ils font moins d’1m80. On est d’accord que c’est injuste, et ce moment de solidarité est agréable. Tous les commentaires sont écrits par des hommes qui reprochent aux autres, particulièrement aux femmes, de ne pas les voir comme ils le souhaiteraient. On sait que l’on n’est pas d’accord avec cette partie là, mais l’application sur laquelle on lit ce post se fiche de ce qu’on pense. Elle voit qu’on passe du temps dans cette section commentaire, donc on va en voir plus. On ferme un Réel d’un chien avec une coupe de cheveux marrante et on se voit recommander un mec cis qui rant dans sa voiture sur la réalité de la misandrie.

Cliquer tout le temps sur « je ne suis pas intéressé-e » ne change rien au fait qu’on sait, maintenant, ce que c’est que l’inclinaison de Canthal, même si on ne voulait pas le savoir. Pour chaque contenu quasi incel qu’on dégage, il y en a cinq de plus qui pop.

Tout ça est, bien évidemment, mauvais pour notre âme, donc on retourne sur la partie trans d’internet.

Mais on ne peut pas s’en défaire, et au lieu que cet espace soit un espace séparé, les conneries « mâle alpha » et les conneries trans fusionnent pour former un nouveau monstre qui vous sert du transmédicalisme. Pour les personnes ayant suffisamment évité la polémique pour ne pas savoir ce que c’est (et je vous envie), le transmédicalisme est la croyance selon laquelle seules les personnes qui ressentent de la dysphorie et transitionnent médicalement sont trans. Iels essaient de le vendre en disant qu’« être trans est une condition médicale qui devrait être traitée comme n’importe quelle condition médicale », ce qui a l’air vrai sur le papier. Mais quand on creuse, cela invalide complètement les identités non-binaires et nécessite que le but ultime de toute transition soit de passer pour cis. N’importe qui d’autre ne serait pas trans.

Je ne suis pas d’accord avec le transmédicalisme ni avec aucune autre forme de contrôle de l’expérience du genre, mais ça n’a pas empêché des relents de transmédicalisme de se glisser dans la vision que j’ai de moi-même, particulièrement parce que passer pour cis s’avère être le but ultime de ma transition. Je mets le même poids d’efforts mentaux pour atteindre une masculinité cis que les transmeds, et même si je ne projette pas ce même poids de gatekeeping sur autrui, a) je me gatekeep toujours tellement, dans ma tête, que je me prive d’une masculinité plus confortable, et b) je vois à quel point il est facile de tomber dans le piège de « puisque j’ai le même objectif donc je devrais peut-être employer les mêmes moyens, et peut-être que celleux qui ne pensent pas comme moi ont tort. »

Le façon de penser du T-boy transmed ressemble à la pensée incel quand elle se confronte à notre image de nous: je ne me sens pas assez homme, je vais donc épuiser toute mon énergie mentale à catégoriser ce qui ne va pas chez moi pour résoudre ce problème, car sinon je ne mérite pas de me sentir homme. En son essence, c’est juste beaucoup de colère mal placée et de haine de soi, et je souhaiterais que ce soit plus facile à démêler.

La colère des incels ne vient pas des relations. Elle vient de l’isolement.

Je ne dis rien de nouveau quand je dis que les incels sont seuls. Vous savez qu’il y a une épidémie de solitude chez les hommes, qui ne serait pas de leur faute, mais ce serait à eux de régler ce problème, etc. etc. Les incels disent souvent qu’ils se sentent seuls, mais ils ne sont pas vraiment seuls alors qu’ils ont toute une communauté de personnes avec lesquelles ils partagent leur haine. C’est juste qu’ils ne pensent pas avoir le droit de chérir ces relations, car elles ne sont ni romantiques, ni sexuelles. C’est plus alpha pour un homme d’être un loup solitaire, sauf pour sa trad wife2 parfaite qui n’a aucune personnalité à part l’aimer. C’est terriblement ironique qu’une communauté se forme autour de la solitude.

Beaucoup d’espaces transmed masculins sont, d’une façon similaire, des communautés composées d’hommes trans qui se sentent seuls et qui trouvent de la solidarité en détestant les mêmes personnes. Mais au lieu de se concentrer sur l’aspect relationnel, ces communautés visent deux niveaux : détester ouvertement toute personne qui ne rentrerait pas dans le moule trans binaire, et officieusement, se détester soi-même individuellement. Il n’y a pas cette façade de confiance qui peut exister dans les espaces « alpha ». Aucun groupe n’est un monolithe, ni sur internet ni en dehors, mais sur la majorité des réseaux sociaux d’hommes transmed que j’ai vu, ils ont l’air de s’encourager les uns les autres (seulement s’ils rentrent dans le moule binaire, bien sûr) mais de n’avoir aucun espoir pour eux-mêmes.

Il y a des mecs baraqués avec des barbes fournies qui demandent, nerveusement, s’ils passent. Ils parlent de la forme de leur crâne. Au fur et à mesure, ils absorbent des termes de phrénologie dont personne ne devrait se préoccuper juste parce qu’ils sont trans, sur internet, et qu’ils essaient d’être plus masculins. Pour quelqu’un qui n’a jamais été sur 4chan, j’ai l’impression que c’est 4chan qui est venu à moi.

Absolument toute cette problématique de comment je pense que les réseaux sociaux renforcent la transphobie intériorisée est résumée dans ce comic. Mes compliments à la cheffe. (@tpwrtrmnky sur Tumblr)3

TRADUCTION DE L’IMAGE

[DESCRIPTION DE L’IMAGE : Un comic de trois cases dessiné très simplement sur Paint, sur fond blanc, montre une conversation entre deux bonhommes bâtons. L’un est orange, et l’autre est vert. Ils sont dessinés très grossièrement. Les cases sont découpées par une ligne noire horizontale tracée à main levée. Le comic se lit de haut en bas. La première case montre un bonhomme bâton orange, faisant face à un bonhomme bâton vert. Dessous, la deuxième case fait un gros blanc sur la tête de Orange. La dernière case fait un gros plan sur la tête de Vert.]4

Je repense souvent à cette conversation avec Jay, à propos des commentaires YouTube.

Jay est mort il y a un an. Il n’y a pas de manière plus fine d’exprimer cette douloureuse réalité. Il me manque tout le temps, et de plus en plus, je voudrais pouvoir lui demander : tu crois que ça venait d’où toute cette merde sur YouTube ??? Le « si tu fais parti du navire, tu fais parti de l’équipage », pour nous deux, avait plus l’air d’une blague légère mais plus je regarde mes algorithmes sur les réseaux sociaux changer (tout comme ma propre perception de la masculinité), plus j’ai besoin de parler à quelqu’un de toute la merde sinistre qui se cache dessous. Il était l’un de ces nombreux ami-es cis que je considérais comme un modèle positif de masculinité, mais pour des raisons qui n’aident sûrement pas, je ne parle pas habituellement de trucs trans avec mes potes cis. Ça faisait du bien de faire cette exception avec lui. C’était une de ces personnes qui ne m’a pas traité différemment après ma transition, puisqu’il me traitait déjà comme l’Un des Mecs pendant tout le temps où on s’est connus. Pourtant, cette leçon de « je devrais m’ouvrir un peu plus à mes ami-es », je ne l’ai pas apprise.

Mais c’est ça le problème. En ne parlant pas plus souvent aux mecs cis de ce que je ressens vraiment dans ma vie, je participe précisément au phénomène des « mecs qui n’ont pas de connections émotionnelles amicales » qui m’entoure. Je ne parle pas à mes potes mecs cis de mes réflexions sur la masculinité parce que j’ai l’impression que parler de transidentité serait gênant. Je n’en parle pas non plus à mes ami-es trans parce que, croyez le ou non, les personnes trans n’aiment pas entendre à quel point transitionner peut être décourageant, ni entendre toutes les manières d’être masculin que je crains de ne jamais pouvoir connaître. J’ai peur que mon désespoir se propage comme un virus, alors je me mets en quarantaine. La solitude que je ressens est celle d’être seul avec mes pensées sur la masculinité, trans ou non.

Si tant d’hommes ressentent cet isolement, si des communautés entières se forment sur la haine que ça crée, pourquoi n’en parlent-ils simplement pas avant que ça ne devienne aussi vitriolique ?

Parce qu’Internet leur dit tous les jours de ne pas le faire.

Le cercle vicieux continue : les hommes se sentent isolés, alors ils se tournent vers internet, qui leur dit que c’est la faute des autres s’ils sont isolés, et qu’ils ne peuvent pas changer cet état de fait, alors autant qu’ils post, tous ensemble, leur haine. L’isolement se transforme en identité jusqu’à ce qu’il y ait de moins en moins d’hommes pour se soutenir les uns les autres.

On ne commence pas à s’empoisonner l’esprit juste parce qu’on se dit qu’« internet » pense un truc. L’empoisonnement a lieu quand on commence à se dire qu’au fond, « peut-être que la majorité des gens ressentent ça. Peut-être que je ne m’en rendais juste pas compte ».

J’alterne entre des mois où je n’ai aucune idée d’à quoi je ressemble et des semaines où je peux vous dire exactement quels poils de mes sourcils ont repoussés, parce que j’ai besoin qu’ils soient dessinés de la façon la plus masculine possible (quoi que ça veuille dire). Les parasites sont dans mon cerveau, et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Je me sens à l’aise de parler de ma transidentité quand je m’exprime de manière créative, mais je déteste en parler dans ma vie quotidienne.

Je m’analyse et je me critique comme la partie Mec d’Internet m’a apprit à le faire. Est-ce que ma mâchoire est suffisamment saillante ? Est-ce que je suis trop petit pour passer ? Est-ce que cette veste tout à fait normale mais un peu stylée me donne l’air trans ? Je n’ai pas à me demander si les hommes cis se posent les mêmes questions. Dès que j’ouvre mes réseaux sociaux, j’en suis bombardé.

Je comprends d’où vient ce virage, maintenant.

Ce qui m’empêche de tomber dans le ravin incel, autre que genre, l’amour et l’intelligence et l’empathie, c’est que j’ai une communauté dans la vraie vie. Les incels et les transmeds détestent des catégories entières de personnes qui comprennent souvent mes ami-es les plus proches, et je ne peux pas conjurer, dans mon coeur, de haine pour une communauté entière quand les individus qui la composent ont été bons avec moi. Je suis peut-être un rageux à un niveau individuel, mais les incels et les transmeds me dépassent. Et puis, mes réflexions sur une identité entière ne reposent pas sur si les gens ont été gentils avec moi, puisque ce serait, techniquement, demander aux gens de se débarrasser elleux-mêmes de l’oppression en s’investissant suffisamment émotionnellement pour le mériter. Aucune personne marginalisée ne doit aux incels ni le temps, ni l’intérêt pour acclimater ces mêmes incels à s’ouvrir aux personnes en dehors de leur bulle, et je ne peux pas, en bonne conscience, recommander que qui ce soit essaie de faire ce travail. Simultanément, je pense que si les incels avaient une vraie communauté en dehors de cette bulle, ça ferait éclater beaucoup de leurs pires croyances. Je ne sais pas vraiment comment concilier ces deux idées.

L’autre point qui m’empêche de tomber dans ce ravin, c’est que je suis trans. Aucun nombre de commentaires du style « si tu fais partie du navire, tu fais partie de l’équipage » ne pourra me donner l’illusion que les communautés de wanna-be mâles alphas m’accepteraient, même si je le voulais.

Et si je n’étais pas trans ? Si je n’avais pas d’ami-es et de proches dans la vie réelle pour m’épauler ? Retirez ces facteurs, et je comprends sincèrement comment l’incel-ification fonctionne. Même si je ne suis catégoriquement pas d’accord, j’ai longtemps été incapable de même savoir comment on pouvait penser de la sorte. C’est encore plus effrayant de me dire que, maintenant, je comprends. C’est encore plus effrayant que, même si je ne peux pas compatir, je peux, dans une moindre mesure, entendre. Les parasites dans mon cerveau sont le produit d’une force venue d’internet, par laquelle j’aurais préféré ne jamais être influencé, mais en avoir conscience n’est pas suffisant pour m’en débarrasser.

Je vais au Trader Joe’s5 et j’achète quelques produits pour la peau. J’angoisse à l’idée de passer à la caisse car j’ai peur que ces articles soient vus comme des produits « pour fille ». Si je m’inquiète de ça, c’est que c’est moi qui voit ces produits comme étant pour filles. Je ne veux pas penser comme ça. Je tiens mon sac de courses fragile dans mes bras, car ça me semblerait trop féminin de le caler sur ma hanche. Je ne veux pas penser comme ça. Je rentre chez moi et je me regarde un peu trop longtemps dans le miroir.

Est-ce que ma mâchoire est assez saillante ? Est-ce que je suis trop petit pour passer ? Est-ce qu’un jour, j’arrêterai de penser comme ça ?


Sur l’auteur :

Max Gross est comédien et écrivain. Il écrit, entre autre, pour The Onion, Reductress et Slate et continue de publier régulièrement sur Substack. Il est également connu pour ses numéros de stand-up.

Réseaux Sociaux de l’auteur:


Mot de fin du traducteur:

Je tiens à rappeler que je ne possède et ne suis l’auteur d’aucunes ressources présentées sur ce site. Je ne fais que les traduire.

N’hésitez pas à signaler les erreurs, à faire des suggestions, et à me proposer des textes/vidéos anglophones à traduire. Je répondrais aux messages et demandes dans la mesure de mes capacités.

Soutenez les auteurices, et merci.

Cyan.


Notes:

1 Am I The Asshole – Suis-Je Le Trou de Balle, un subreddit populaire où des personnes exposent une situation en précisant leur genre et leur âge ainsi que le genre et l’âge des personnes impliquées tout en conservant l’annonymat, afin de recueillir l’avis des internautes sur s’iels sont en tort dans la situation présentée. Les internautes peuvent voter en écrivant NTA pour Not The Asshole – Pas le Trou de Balle, YTA pour You’re The Asshole – T’es le Trou de Balle, ou encore ESH pour Everyone Sucks Here – Tout le Monde Craint Ici. [Note du traducteur.]

2 Trad Wife ou traditionnal wife (littéralement « femme traditionnelle ») est un terme propulsé sur les réseaux sociaux à partir de 2020. Il était utilisé pour désigner des influenceuses qui montraient leur quotidien de femme au foyer de manière très romantisée et esthétisée. Elles se filmaient en faisant des tâches domestiques (cuisine, ménage, s’occuper des enfants etc.), avec une attention particulière sur l’autosuffisance et l’usage d’ingrédients bruts et locaux comme des œufs de poules élevées dans leur ferme ou du lait entier non pasteurisé, le tout dans un cadre qui se voulait rustique, proche des représentations imagées des années 50 et 60. Le mouvement tradwife a émergé chez ces influenceuses qui se sentaient oubliées par le féminisme, et dépeignait souvent des valeurs conservatrices du rôle de la femme et de sa place dans le foyer. Il connaît un déclin depuis 2024, lorsque des femmes ayant été ou étant toujours femmes au foyer ont partagé leur expérience, en mettant l’accent sur leur épuisement, leur manque d’autonomie et la pauvreté dans laquelle ce mode de vie les plongeait. Beaucoup ont également insisté sur le statut privilégié de ces influenceuses, étant souvent issues des classes supérieures et donc bien loin des difficultés rencontrées par les femmes au foyer de classe ouvrière. [Note du traducteur]

3 Ajout du traducteur.

4 Ajout du traducteur.

5 Chaîne de supermarchés américaine. Note du traducteur.

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