Des graminées des prairies séchées et fanées.

Le temps et l’expérience changent tous les corps, même de façon désagréable.

Texte original de Devon Price publié sur Substack le 17/03/2025, traduction par Cyan.

https://drdevonprice.substack.com/p/is-your-fear-of-gender-transition?utm_source=share&utm_medium=android&r=4l3a8x&triedRedirect=true

Des graminées des prairies séchées et fanées. Les photos que j’ai prises pour cet essai sont inspirées par les magnifiques bouquets déconstruits de mon amie Melanie. Allez sur son Instagram pour en voir quelques uns.

Zander a mit en pause sa transition car il ne supportait pas de ressembler à son père.

Ce n’était pas seulement parce qu’il l’avait maltraité petit, même si c’était affectivement le cas. Zander avait de nombreux cousins, des hommes, qui étaient tendres et drôles et auxquels il ressemblait de plus en plus, ce qui a contribué à réduire la souffrance de ressembler à son abuseur. Et l’embarras qu’était devenir un homme de pouvoir après avoir passé une vie à craindre le pouvoir des hommes n’était pas, non plus, le problème principal. Zander avait déjà fait ce qu’il pouvait pour faire la paix avec ça.

Ce qui secouait le plus Zander par rapport à sa ressemblance à son père, c’étaient les souvenirs que cela faisait remonter – de son père sur son lit de mort, ses cheveux fins comme un nuage passagé, son ventre distendu de maladie, son front moucheté, luisant de sueur.

« Quand je me regarde dans le miroir et que je me vois en grosse gueule de bois ou avec une sale mine, je vois mon père en train de mourir, » dit Zander, « Tout ce qui restait de lui, après tout ça. » Il n’avait jamais vu d’aussi près sa propre mortalité.

Zander dit qu’il avait honte que cela ait suffit à l’empêcher de faire ses injections régulières de testostérone. Il y a des années, transitionner l’avait sauvé des pensées suicidaires et de l’abus de substance et l’avait aidé à se sentir capable de courtiser les femmes pillow princess qui complimentaient son côté stone-top. En tant d’homme, il s’était toujours senti confiant, aussi fort que les autres, et assez sexy, sportif, et énergique pour faire grimper les dames aux rideaux toute la nuit.

Mais maintenant, son dos lui faisait mal. S’il dormait dans un endroit inconnu, il geignait de douleur pendant les 2 jours suivants. Il y avait une tension dans ses hanches et ses épaules qu’un kiné avait suggéré être causé sa carrure et sa musculature en pleine croissance. Des pattes d’oies se formaient aux coins de ses yeux, qui avaient l’air si petits et fatigué sur sa tête ronde et dégarnie.

Etait-ce à cause des hormones ? Zander détestait ressentir quoi que ce soit qui se rapproche d’un regret d’avoir transitionné. Sa transition lui avait apporté tellement de bonnes choses, et l’avait tellement affirmé – mais maintenant son corps changeait de façons qui ne le faisaient se sentir ni plus fort, ni plus authentique, ni plus désirable.

Zander n’est pas un imbécile ou un traître aux personnes trans parce qu’il ressent tout ça. Même si le désir de détransitionner est souvent vu par notre communauté comme tabou, nous internalisons toustes, par moment, la transphobie du monde, et développons des sentiments ambivalents sur nos corps. Et il n’est certainement pas inhabituel de vouloir rembobiner certains changements hormonaux. On ne peut pas contrôler quels changements on aura ou pas, et ça peut être déstabilisant, malgré le soulagement qu’apporte la transition.

J’ai dis à Zander que j’avais moi-même fait une petite pause de la T il y a tout juste quelques mois, au printemps dernier, parce que j’étais anxieux de voir ma peau terne et ridée. J’avais l’air plus vieux, et même si j’avais honte d’admettre tant de vanité, ça m’affectait vraiment. J’avais l’impression de devoir au monde l’éclat éternel et le côté adorable de la jeunesse. Qui m’écouterait quand je serais rattrapé par des années de strabisme et d’air renfrogné ? Je devais être le Meilleur des Garçons au Monde, éclatant et joyeux, pour que l’on m’écoute !

Qu’on se plaigne moins d’être « doué » et plus d’avoir le complexe du Meilleur Petit Garçon au Monde.

J’avais honte de ce que je m’étais « fait » devenir, mais encore plus honte de la honte elle-même. J’ai recommencé la testostérone seulement un mois et quelques plus tard, et j’ai continué de travailler sur l’acceptation du charme que m’apportait l’expérience. Mais pourtant, quand je n’étais pas assez hydraté ou que la lumière d’un ciel neigeux laissait mon visage particulièrement gris, ça me prenait.

J’ai recherché combien me coûterait une petite douzaine d’injections dans le visage. A chaque fois que je me sentais particulièrement raide ou qu’un Zoomer s’écriait d’étonnement en apprenant mon âge, je me demandais : est-ce que j’ai vraiment les épaules pour vieillir en tant qu’homme ?

Pendant l’été, un ami non-binaire et transmasc m’a avoué arrêter la testostérone car ses cheveux devenaient plus fins. Un-e autre me disait ne pas être sûr d’entamer sa transition car iel n’avait aucune image de la personne plus âgée qu’iel souhaiterait devenir.

Un homme trans juif que je connais m’a confié qu’il avait peur de devenir le pire des stéréotypes antisémites de l’homme juif, un petit vieux au crâne dégarni. Une personne transfem m’a dit qu’elle était restée au placard pendant une décennie parce qu’elle avait peur d’être déjà « trop vieille » pour devenir une belle femme. Après tous ces puissants témoignages de honte, Zander m’a contacté.

Zander aurait voulu se rebeller contre les plis et les grincements de son corps. Ayant transitionné pendant sa trentaine, il n’a pu être un jeune homme bien bâti que pendant une période très courte. Je lui ai dis que je comprenais, que je sentais aussi que l’on m’avait refusé une jeunesse fantasmée et insouciante que tant de personnes queers n’ont jamais vraiment eue, que quand je me mets à bâiller à minuit au club j’ai envie de me gifler le visage et de crier, « Ce n’est pas moi ! »

Mais c’est moi, cette fatigue que je porte, tout comme mes touffes de cheveux élastiques ou mes souvenirs. Avec mes t-shirts découpés et mes chaînes en acier trempé, je montre déjà une partie de qui je suis, mais mes coudes qui craquent et la ride du lion causée par mon divorce complètent mon histoire. Comme Zander, je suis un homme qui s’est tout refusé, et qui un jour s’est relâché et est devenu plus fort. Mais je dois aussi m’affaiblir, c’est le cas de tout ce qui vit – se traîner, gémir, et un jour, s’arrêter.

Vivre comme l’homme que je suis aura toujours été mieux qu’avoir été exclu de mon corps à jamais, à me battre, en tant que femme, pour mon importance et mon acceptation.

….

Tant de peurs que les gens ont sur la transition, sont au final des peurs de vieillir.

On ne veut pas devenir chauve, ou voir ses seins tomber ; on ne veut pas avoir des poils qui poussent dans le dos ou ressembler à nos pères et nos mères plutôt qu’aux idoles et aux personnages d’anime de nos premiers fantasmes de genre. On a peur de perdre sa fertilité, l’élasticité de sa peau, et ses muscles, ou de prendre du gras. On ne veut pas faire perdre son érection ou sa lubrification vaginale ; on ne veut pas être vu comme « plus sexy » ou déconnectés. Et surtout, peut-être, on vit dans la peur de faire des choses qu’on ne peut pas effacer, ou d’avoir des corps à jamais marqués par l’irréversibilité du temps.

Évidemment, tout est fait pour que l’on ressente ça, par les systèmes légaux, médicaux et sociaux qui voient les personnes transitionnant médicalement comme des choses défectueuses qui ne sont tolérables que s’il y en a très peu et qu’il n’y avait pas d’autre choix. Les personnes trans n’entretiennent pas ces sentiments par vanité déplacée, ou parce que nos idéaux sont moins réalistes que ceux des personnes cis. Notre honte est systémique : le corps trans est le réceptacle d’une culture cissexiste qui y place toutes ses angoisses de perte, de handicap, d’indésirabilité, et de changement.

C’est le sujet que Lily Alexandre a exploré avec expertise dans sa vidéo, La Peur des Corps Trans, et si vous ne l’avez pas déjà vue je vous la recommande.

Toute personne trans vivante aujourd’hui a été exposée à un nombre étouffant de discours alarmistes sur nos corps, de la représentation dégarnie et tatouée de James Gumb dans Le Silence des Agneaux aux interminables comédies d’Abigail Shrier sur les hystérectomies des mecs trans. Nous absorbons tout ça et développons des complexes quand nous portons des vêtements qui affirment notre genre et paraît trop « jeune » sur nous, et nous nous blâmons si nous développons une atrophie génitale ou si nous perdons de la densité osseuse.

Mais au final, toutes ces peurs sont liées à la vieillesse. Pourquoi est-ce une mauvaise chose que les femmes deviennent chauves ? Qu’est-ce qui rend mal ou dérangeant qu’une personne plus âgée porte des vêtements légers ? Pourquoi une hystérectomie signerait la fin d’un homme trans ? L’atrophie et l’ostéoporose ne sont-elles pas déjà des risques liés à l’âge ?

Comme le dit Lily, « La transition, c’est juste un corps qui change à mesure qu’il traverse le temps. La masse graisseuse se déplace, les parties génitales changent, les poils deviennent plus drus à certains endroits et plus éparses à d’autres. Il est impossible de séparer cela de la vieillesse, parce que c’est tout bonnement la même chose ! »

J’ai parlé avec différentes personnes trans pour cet article, et je leur ai posé des questions sur leur rapport à l’âge. Ce que j’ai entendu, de manière répétée, c’était que transitionner leur a demandé d’accepter la nature changeante de leurs corps, et l’inévitabilité de vieillir et de mourir.

« Transitionner a été indissociable de l’âge, » écrit Lichenid, une personne non-binaire transfem. « Les aspects d’être « un homme », qui m’apportaient du confort (la force, l’athlétisme, la fertilité), se dégraderaient avec l’âge, donc les perdre plus vite en prenant des hormones était une manière d’embrasser le processus. »

Lichenid a dit que vieillir en tant que femme semblait bien plus juste pour elle que vieillir en tant qu’« homme ». Pourtant, c’était toujours un changement majeur, car les femmes sont perçues comme vieilles bien plus jeunes que les hommes. « Je suis passée d’un (relativement) jeune homme à une « vieille » femme trans à peu près en l’espace d’un an », dit-elle, « et c’est un peu détonnant ! »

Pallasinine, une femme trans butch, y fait écho. « La peur de transitionner pour les femmes trans est plus souvent liée avec une peur d’être DÉJÀ trop vieille… Particulièrement avec la façon dont la vieillesse incite une forme de dégenrage. »

J’ai d’abord été choqué de voir que Pallasinine disait ça à seulement 26 ans. De 10 ans son aîné, 26 ans me semblait incroyablement jeune. Mais je me souvenais d’avoir été au milieu de ma vingtaine et d’avoir entendu des femmes autour de moi se lamenter sur leurs rides à venir et sur leur fertilité déclinante. Si une femme cis pouvait s’inquiéter, à 26 ans, d’être presque « trop vieille » pour avoir des enfants et de devoir commencer le botox par prévention, évidemment qu’une femme trans doit croire qu’il est déjà « trop tard » pour elle, qu’elle ne sera jamais une fille acceptable.

La demande de la misogynie que les femmes restent jeunes, disponibles, et exploitables immédiatement, laisse vraiment une marque profonde.

Une onagre bisannuelle séchée, photo par l’auteur.

Plusieurs personnes trans ont mentionné-es un point-commun entre l’âgisme et la grossophobie : plus l’on vieillit, plus l’on grossit, et plus les gens tendent à renier notre genre. Les hommes gros et les hommes vieux sont vus comme inférieurs car ils sont plus faibles et plus mous, contrairement à ce qu’un homme se doit d’être. Les femmes grosses et les femmes vieilles ont échouées à garder leurs corps conventionnellement attirants et capables d’offrir continuellement des services et des soins, alors elles cessent d’être des femmes, voire des personnes.

« J’ai pris environ 30kg sous testostérone parce que j’ai arrêté de me purger et de prendre des drogues, » dit Lyam, un homme trans. « ça m’a fait beaucoup de bien. Mais je pense que beaucoup de gens me voient comme un petit mec rond avec des petites mains. Je suis une sorte de cartoon. »

La plupart du temps, il dit que ça lui va d’être aussi loin de l’homme conventionnel. Mais ça ne rend pas plus facile de se trouver dans des vestiaires, ou dans des métros bondés.

Plusieurs personnes trans masculines ont remarqué-es qu’au fur et à mesure que leur transition progressait, ils passaient rapidement de « faire plus jeune » à « faire plus vieux » que leur âge réel. Beaucoup de transmascs étaient perçus comme jeunes parce qu’ils étaient plus petits que l’homme moyen, avec des yeux plus larges, avec un sillon plus court, ou une peau plus douce. Mais quand leurs barbes poussent, que leurs tempes se dégarnissent, que la texture de leur peau et la taille de leurs corps changent, ils prennent soudainement une apparence mature.

La peur de ce pivot soudain – et le mélange de privilège et d’invisibilité relative qui l’accompagnent – peut mener de nombreuses personnes transmascs à mettre leur transition en pause, ou à désavouer entièrement toute connexion à la « masculinité ».

« Je ne suis pas vraiment un homme, je suis plus un mec », est un refrain entendu de la bouche de beaucoup de trans masc. Certains hommes trans disent que commencer les hormones est une expérience qui demande une telle vulnérabilité qu’elle fait régresser psychologiquement, et qu’ils devraient être traité comme étant au même niveau mentalement que des adolescents.

Le phénomène de « garçonnisation » est un réel problème au sein de la communauté trans, dans lequel certains hommes trans cherchent à éviter de faire face à leurs responsabilités d’adulte (ou de faire face à leurs comportements misogynes) en se comparant à des enfants. C’est la manifestation d’une peur terrible des responsabilités qui viennent avec le fait d’être des hommes adultes – qui est inséparable d’une peur de vieillir profondément ancrée dans la société.

Les hommes adultes sont grands et font peur, ont la capacité de blesser autrui, du moins c’est ce que l’éternel garçon semble penser. Être oppressé ou manquer de force physique ne semble jamais avoir de place dans la masculinité. Et il y a beaucoup de vrai dans ce ressenti – mais ça ne change pas le fait que nos torses s’élargissent, nos voix deviennent plus graves, que nos salaires augmentent et que les femmes de notre entourage se font de plus en plus silencieuses.

De façon similaire, la marche du temps est non négociable, et avec elle nous accumulons de l’expérience, de la sagesse, du désenchantement, des connections sociales, des connaissances institutionnelles, et peut-être un peu d’argent et d’autorité. Ce qui influence la façon dont les autres répondent de nous, qu’on le veuille ou non.

Je me souviens du 11 septembre 2001. Et bien que je puisse trouver ça gênant quand le sujet est amené dans une soirée avec un public d’âges divers, cette expérience s’accompagne d’années de sagesse et d’expériences professionnelles qui sont aussi utiles pour écrire des lettres de recommandation, corriger des erreurs de facturation, et apaiser des voisins énervés qui veulent appeler les flics.

Prendre de l’âge ne veut pas juste dire perdre en souplesse et devenir moins attirant aux yeux des masses juvéniles. Cela apporte aussi une forme d’autorité protectrice (jusqu’à ce qu’on soit trop vieux et que nous ne soyons plus respectés en tant qu’adultes compétents).

Plusieurs personnes trans m’ont dit que vieillir était bizarre, parce qu’iels n’avaient ni le look ni les codes sociaux attendus d’une personne de leur âge. Pour les personnes non-binaires, c’était encore plus vexant, car il n’existe pas d’attentes sociales ni de jalons pour leur genre et que l’androgynie est surtout associée à l’insouciante jeunesse.

« [La] peur de ne pas savoir comment s’habiller, comment se coiffer ou se maquiller de manière « appropriée » miroite ce dont ma mère et ma tante parlaient beaucoup en vieillissant », écrit Maybeseveralthings, une personne transfem non-binaire.

Iel confiait qu’iel avait peur de s’habiller soit comme une vieille femme, soit comme quelqu’un qui veut désespérément avoir l’air jeune. Beaucoup d’insultes visant les personnes non-binaires et venant des groupes conservateurs en parlent – iels sont stéréotypé-es comme d’éternels « gosses » aux cheveux colorés, portant des t-shirts avec des personnages de dessins animés, ce que leurs détracteurs trouvent pathétique. Iels sont vu-es comme futiles, ne méritant pas d’accommodation – leur genre est une phase puérile, non pas une véritable identité qui évolue et passe par de nombreuses étapes.

Quand on transitionne, nos vies changent souvent de manière radicale, ce qui laisse nombre d’entre nous lessivés et terriblement vulnérables. Ma relation de 10 ans s’est finie quand je suis devenu un homme, et ma vie est, du coup, devenue bien moins structurée et traditionnellement « adulte ». J’avais des horaires étranges, mon appartement et mon nombre possessions ont rétrécis, j’ai complètement changé ma garde-robe, et je sortais faire la fête avec d’autres personnes queers souvent bien plus jeunes que moi.

Pour certains, je devais avoir l’air de stagner. En réalité, je restructurais une vie qui s’était défaite, et je m’éloignais des angoisses conventionnelles. Je n’étais pas moins adulte parce que j’avais une coupe de cheveux faite maison à l’arrache, pas de voiture, et que je m’habillais comme le Titi transmasc. Je devenais suffisamment un homme pour réclamer ce que je voulais et me débarrasser du reste.

Titi transmasc.

C’est assez courant pour les personnes trans de se libérer du moule sociétal de façons qui incitent au jugement par la société. Vivre en colocation, avec plusieurs partenaires romantiques et beaucoup de sexe sans attaches, socialiser de manière kinky ou nerdy, s’habiller de manière confortable ou exprimer sa part artistique, ne pas avoir d’enfants, ne pas travailler – ce sont des choix stigmatisés, car la seule vision acceptable de l’âge adulte dans notre société est celle qui produit et féconde ceux qui produiront eux-mêmes un jour. Et beaucoup de personnes trans bataillent avec le fait de se voir comme immatures, informes ou gâchant leurs vies.

Zander m’a dit qu’il trouvait difficile de concilier son apparence masculine et mature avec sa sensibilité intérieure que les autres considèrent comme « puérile » chez un homme.

« Les gens disent que les hommes devraient pleurer plus souvent, » dit Zander. « Mais je n’y arrive pas. Le faire refléterait un homme triste, faible, et je ne le supporte pas. »

Je peux pleurer sans problème, mais vieillir en tant qu’homme m’a donné des angoisses similaires. J’ai peur d’être trop bizarre. Je suis parfois dégoûté par mon propre enthousiasme. J’ai peur que ma timidité ne soit plus vue comme mignonne mais comme pathétique. Je me dis que l’horloge tourne et que je ne peux attendre de personne qu’iels soient patient-es avec moi.

J’admets que pour quelqu’un de 36 ans, c’est absurde. Mais que j’ai aussi facilement l’impression qu’il est trop tard en dit beaucoup sur l’âgisme de notre culture. Dans sa moulabilité et son aptitude à être utilisée, la jeunesse est célébrée. Une personne qui s’endurcit, craque, ou se connaît assez pour être fidèle à elle-même est presque socialement jetable.

Les réactionnaires sont obsédés par le fait de « protéger » les enfants de la transition de genre, parce que les enfants peuvent toujours être moulé dans la forme désirée – iels sont bien plus faciles à contrôler et à abuser. Mais les personnes trans doyennes ne méritent pas d’être sauvées. Elles sont trop résolument elles-même, trop endurcies pour être un outils utile.

C’est une part de la peur de transitionner, finalement – que l’on en demande trop, que l’on se rende inemployable, que l’on veuille une vie qui n’existe pas de manière tangible – que plus nous persistons à nous battre pour notre liberté, plus ce sera dur de retourner à l’obéissance si cela devenait nécessaire.

Une aubépine et une herbe séchée.

Plusieurs personnes trans ont mentionné la peur de l’incertitude, qui est valable autant pour la transition que pour l’âge.

Le résultat de la transition est inconnu, quand on se lance. Quelle taille fera ma poitrine ? Est-ce que je commence les hormones assez tôt pour devenir plus grand-e ou plus petit-e ? A quoi va ressembler ma vie amoureuse quand mon apparence changera ? Est-ce que mes enfant auront honte de moi ? Est-ce que mes amitiés vont changer ? Est-ce que, quand je me regarderais en arrière, dans 40 ans, mon authenticité aura valu de perdre tout ce que j’ai perdu ?

Ce sont des questions existentielles : que signifie d’être la personne que j’ai choisi d’être ? Aurais-je pu être quelqu’un d’autre ? Nous prenons nos décisions en temps réel , et nous ne pouvons pas être sûr-es de ce que la vérité va entraîner.

Même la peur de regretter sa transition est une résistance face à l’irréversibilité du temps. Les options de la vie s’amenuisent avec le temps, que l’on se décide ou non. C’est à la fois perdre des portes de sortie, mais aussi cémenter et construire par dessus ce qui était là avant.

Avant d’admettre que j’étais trans, je gardais des journaux d’inspiration de looks masculins sur mon Tumblr que je taggais #boysonas. Les « garçons » qui me captivaient étaient le plus souvent des hommes créatifs, efféminés, à la voix douce et aux tempes grisonnantes avec des plis autour des lèvres. Des personnes comme Ira Glass, Mads Mikkelsen, Rami Malek, Damon Albarn, Anthony Bourdain, Richard Ayoade et Raul Esparza.

Ce n’était pas des « garçons », c’était des hommes de 40-50 et quelques avec une sagesse et un air triste et sévère, et ils étaient beaux à mes yeux, vraiment beaux. Je savais que je voulais être comme eux, et pourtant j’ai un mouvement de recul quand je vois ces mêmes rides et nuances de gris sur moi. Pourquoi ?

Il y a une finalité dans ma vieillesse, un claquage des portes de la vie que je pouvais ressentir. Le chemin de Damon Albarn, son passage de l’icône pop au mentor musical grisonnant était son histoire, et une histoire admirable ; progesser dans ma vie, c’était perdre toutes les autres personnes que je pensais pouvoir être un jour. D’un point de vue extérieur, le temps et l’expérience me formaient, faisaient de moi l’homme que j’étais destiné à être, et mon histoire dans sa globalité faisait sens. Mais j’étais celui qui vivait cette histoire, et je ne voulais pas qu’il n’y en ai qu’une seule. Je voulais choisir toutes les aventures.

Tous nos choix laissent des traces avec le temps. Alors que j’écris ça, je me remets d’une sévère lésion du tendon FPL causée par des années d’exercice excessif et de dactylographie furieuse. Mon genou me fait toujours mal de temps en temps car j’ai passé toute l’année 2018 à un bureau debout. Mon développement musculaire sera toujours atomisé à cause de ma contraception hormonale. Ce sont les prix à payer d’une vie vécue ; pourquoi puis-je les accepter mais pas les effets de ma transition ? Même ne pas avoir le choix est un choix.

Je ne peux pas revenir en arrière. Je ne serais que cette personne. Et merci mon Dieu, parce que je n’ai pas pris assez de notes pour retrouver mes traces.

Qu’est-ce qu’on peut faire, alors, si la transition active notre peur de vieillir ?

Se débarrasser de son âgisme est la réponse évidente, mais c’est plus facile à dire qu’à vivre.

S’entourer de personnes queer plus âgées est un conseil donné par plusieurs personnes, et je le seconde. Certain-es de mes plus précieux-ses ami-es sont des gays et transgenres dans la cinquantaine ou soixantaine, et ils sont toujours capables de vivre des romances impulsives et dramatiques, de faire des références aux figures du Vieil Hollywood, et de galérer à faire fonctionner Snapchat – nous sommes vieux et jeunes de plein de manières différentes.

J’ai passé certains caps importants avant certain-es de mes ami-es plus âgé-es, comme l’enterrement d’un parent, et on partage ces épreuves sur un pieds d’égalité. Mais je peux aussi compter sur ces personnes plus âgées pour me donner des conseils sur comment nettoyer un climatiseur ou rédiger un testament. Les moments de qualité que nous passons ensemble démonte tous les stéréotypes creux sur les différences entre générations. Je vois mes ami-es âgé-es comme des pairs qui en savent juste bien plus que moi sur des périodes où je n’étais pas né.

J’ai tellement de chance de pouvoir parler à des gens qui étaient des adultes établis quand le SIDA est arrivé. Je connais des fans de Mad Men qui ont le même âge que Sally ou Megan. D’un autre côté, j’ai quelques ami-es Zoomers qui trouvent le début des années 2000 et les années 90 fascinants, et quand je leur explique l’histoire de la loi Don’t ask, Don’t tell ou que je leur fait découvrir Bloc Party, j’ai le sentiment de les inviter à partager un monde secret. Voici qui j’ai été, je me souviens, j’y étais.

Pour toutes les connaissances générationnelles que j’ai, mes ami-es plus âgé-es en ont un ordre de grandeur en plus. Iels sont des trésors vivants, irremplaçable. Et dans mes vieux jours, je le serais aussi.

« Former des amitiés proches avec des vieilles dykes a été vital » dit Lou, une dyke trans du milieu de la vingtaine. « J’ai beaucoup de chance d’avoir dans ma vie des gens qui sont aussi gentils avec les personnes trans. »

Lou souligne que ces amitiés proches avec des femmes non conformes de genre plus âgées lui a fait réaliser que son sex appeal ne dépend pas de sa beauté ou de sa jeunesse. Les dykes plus vieilles sont super sexy, avec leurs crânes rasés et leurs jeans boot cut. « Tu commence à te dire que peut-être que le maintien d’une forme de beauté culturellement dominante n’est pas une priorité pour toi non plus, » dit-elle.

L’utilisateur Tumblr MoriarTeaParty y fait écho en disant, « Quand j’ai commencé la T, j’ai dû désapprendre beaucoup de conneries comme la grossophobie intériorisée et l’âgisme. Je pense que ça a enfin cliqué quand j’ai réalisé que je trouvais les mecs plus vieux incroyablement hot et j’étais comme attends. Mais ça voudrait dire que JE suis hot aussi. »

« En tant que personne non-binaire, une des choses qui m’a aidé a a été de voir des personnes non conformes de genre âgées à la télé, surtout des hommes queer ! » dit Apollo. « De tête, Santiago, de l’adaptation AMC d’Entretien avec un Vampire a été une révélation incroyable pour moi. »

Santiago dans Entretien avec un Vampire

A mes camarades baiseurs de personnages fictifs, puis-je également recommander de baiser pour de vrai avec des hommes matures ? Il y a des hommes de 65 ans qui vont vous déshabiller avec la ferveur d’un ado excité, et vont vous tamponner avec une rigueur qui ferait honte aux gym rat trentenaires. Tellement de possibilités se sont ouvertes à la moi quand j’ai mis mes réserves de côté sur le fait d’être avec des partenaires beaucoup plus vieux (ou jeune!), et ça a donné des discussions sur l’oreiller absolument fascinante en prime.

Désapprendre notre âgisme collectif, ce n’est pas que saliver sur des corps mouchetés de tâches de vieillesse, bien sûr. Un grand nombre de personnes trans m’ont dit que continuer à survivre a été leur plus grande motivation pour embrasser la vieillesse et la transition, et qu’iels portaient chaque ride comme une médaille.

« M’imaginer vieillir a été un moment décisif dans ma décision de commencer le THS », dit Fuzzy, une personne agenre. Quand iel avait 19 ans, iel a eu une vision d’ellui, d’âge mur et digne, qui s’appuyait sur une canne, debout dans une brume lointaine. 

Iel dit, « C’était la première fois que j’entretenais la possibilité que je pourrais vieillir. »

Fuzzy dit qu’iel a accepté que le THS pourrait, théoriquement, lui donner des problèmes de densité osseuse, et que faire une chirurgie de nullification de genre pourrait accroître ses risques d’incontinence précoce. Ces pertes « ne sont pas exceptionnelles », comme iel le dit – c’est exactement ce que vivent de nombreuses personnes plus âgées. Fuzzy dit que transitionner lui a ouvert un futur, et que vivre dans un corps normal et mortel en vaut bien la chandelle.

Un commentateur anonyme m’a dit, « J’ai été à l’aise avec le fait de vieillir après avoir tenté de mettre fin à mes jours à 19 ans. A chaque fois que je remarque des signes de ‘vieillesse’, je me sens reconnaissant car j’aurais pu mourir et j’aurais eu le même âge et la même apparence pour toujours. »

Une femme trans a partagé avec moi qu’après de nombreuses années passées dans le placard, elle s’est confrontée à une expérience mentale : « Aurais-je appuyé sur un bouton pour devenir une femme si cela m’avait également donné 10 ans de plus ? »

La réponse était un grand oui.

« J’y repense à chaque fois que je ressens de l’angoisse lié au fait de vieillir et de transitionner, et ça me calme, » dit-elle.

Comme beaucoup de personnes trans, j’avais dû mal à me projeter dans le futur avant de commencer les hormones. Tout ce que je savais, c’était que je ne voulais pas du genre de vie qui m’avait été présentée comme ma seule option : la parentalité et l’indépendance économique, vivre dans un foyer familial.

En voyant ma mère et ma grand-mère vieillir dans un complexe de petite ville avec un garage pour deux voitures, je n’ai toujours pas de bon exemple d’à quoi vont ressembler mes vieux jours. Ça me rend triste de m’imaginer glisser sur les trottoirs verglacés de Chicago à 86 ans, sur le chemin du bus. Mais cette image est avant tout un manque d’imagination de la part de mon environnement, pas un problème de transition ou d’âge.

Mon amie Sarah Yuile appartient aux tangata whenua (le peuple du sol) d’Aotearoa (que les colons ont appelé Nouvelle-Zélande), et elle dit que sa culture l’a préparé à voir la vieillesse de manière plus saine.

« Vieillir est vu comme un processus qui amène de la sagesse et du mana et est donc, non pas quelque chose de négatif, mais quelque chose d’honorable et qui vient avec beaucoup de respect, » explique-t-elle. « Je n’ai jamais eu peur de l’idée de vieillir ou de mourir. Je reconnais aussi que la vie devient plus facile quand tu apprends à te connaître et à accepter qui tu es, et ce sont souvent deux processus qui viennent main dans la main avec l’âge. Je ne voudrais pas revenir en arrière, pas même physiquement. »

J’ai beaucoup pensé aux rôles limités proposés aux personnes âgées par une société majoritairement blanche, coloniale et capitaliste. Si une personne âgée ne peut pas travailler, conduire ou faire ses courses elle-même, elle devient une sorte de fantôme : on la voit et la considère rarement, on a peut-être peur d’elle, et on ne l’apprécie que comme la personne qu’elle a été. Elle n’a pas de travaux intéressants pour s’occuper, peu d’espaces sociaux qui l’accueillent et aucun moyen d’y accéder, personne pour rechercher sa sagesse.

Ce système économique est tellement cruel et déshumanisant pour ces personnes que même les membres des classes dominantes doivent traîner leurs corps souffrants sur le podium du Sénat et travailler 16 heures par jour, à faire semblant d’être ce qu’iels ont été alors qu’iels ne sont plus cognitivement là. Si une personne avec autant de pouvoir que Diane Feinstein ou Mitch McConnelle peut s’épuiser au travail jusqu’à leurs derniers souffles, il y a peu d’espoir que ce système montre quelconque clémence au reste d’entre nous.

Depuis mon compte Instagram, l’été dernier.

« Beaucoup de sociétés indigènes gardent une place pour les personnes âgées dans leurs processus de décision ou de pouvoir. Il y a, dans nos structures sociales, beaucoup de façons d’honorer la sagesse et l’expérience de nos aîné-es sans les voir comme dépourvus de valeur ou de perspicacité simplement parce qu’iels ont vieillis et sont devenu-es handicapé-es.

Le problème de l’empire américain n’est pas que des personnes âgées tiennent des positions de pouvoir.

Le problème est qu’il est un empire colonial génocidaire qui éradique les sociétés indigènes, déshumanise et tue les personnes handicapé-es et maltraites les personnes âgées. »

Mais nous ne devons pas voir les personnes âgées comme un employé de décharge démonte une voiture pour récupérer ses pièces. D’ailleurs, la majorité des peuples humains ayant vécus sur cette planète ne les voient pas comme ça. Iels voient leurs aîné-es comme puissants et pertinents, et cherchent leurs conseils sans forcer leurs corps à travailler ou à obéir.

Créer un lieu sacré à habiter pour les personnes âgées a été absolument essentiel au fonctionnement de nombreuses sociétés. D’ailleurs, d’après de nombreux anthropologue, l’évolution sociale humaine n’a commencé à porté ses fruits que lorsque des membres de notre espèce ont commencé à vivre assez longtemps pour être grand-parents.

Les groupes humains multi-générationnels pouvaient accumuler des compétences (comme la couture et la conservation des aliments) et des savoirs (comme le régime des crues), et pouvait aussi construire sur ces bases comme jamais auparavant. Les grand-parents aidaient à l’éducation des générations suivantes, ce qui libérait beaucoup de temps aux autres adultes tout en renforçant les liens entre les familles et entres leurs propres enfants.

Les aîné-es pouvaient maintenir les traditions, transmettre des recettes, empêchaient les erreurs de se répéter, racontaient les histoires d’anciennes batailles, et se porter témoins face aux nouvelles manières de vivre. Iels pouvaient s’asseoir aux conseils, présider des cérémonies, et être enterré-es avec honneur. A travers leurs vies et leurs morts, les aîné-es donnaient à leurs sociétés de nouvelles façon de voir la mort, les constructions architecturales et l’art.

Ma grand-mère paternelle était une formidable conteuse qui a grandit dans le vallonné trou de Cumberland dans le Tennessee. Elle a apprit à conduire à l’âge de 8 ans, à force de reconduire ses parents alcooliques chez eux depuis un bar perdu dans les montagnes Appalaches. Ses camarades de classe la trouvaient snob parce qu’elle était curieuse et intellectuelle, et qu’elle s’était donné un second prénom (presque personne n’en avait un au sein de cette communauté).

Ma grand-mère m’a parlé franchement du racisme contre les noirs dans lequel elle avait été endoctrinée enfant, ainsi que de notre héritage familial métisse, et des raisons pour lesquelles certaines personnes de notre famille avaient choisi de « passer » pour blanc-hes. Toujours à la recherche de quelque chose, elle a rejoint et quitté de nombreuses églises en son temps, et a connu une renaissance sexuelle pendant sa quarantaine et cinquantaine, après la mort de son mari. Elle remplissait sa maison d’antiquités, d’ours en peluche Steiff richement habillés, et de livres sur la spiritualité et le sexe, qu’enfant curieux, j’avais le droit de lire.

Ma grand-mère m’écoutait comme aucun autre adulte, me demandait mes opinions et se souciait vraiment des réponses. C’était une femme chaleureuse, qui aimait s’amuser et possédait un tempérament rebelle fougueux, et absolument tout le monde l’adorait. Mon oncle dit qu’il donnerait n’importe quoi pour recevoir un de ses câlins à nouveau ; je sacrifierais tant pour avoir une dernière conversation avec elle.

Mais pour renouer avec ma très chère grand-mère, je n’ai rien besoin de donner. Je dois seulement continuer de vivre, et vieillir, pour remplir le rôle qu’elle a joué à ma façon. 

Mon arrière grand-père Winnel à gauche, et ma grand-mère Jo Anne à droite.

Ma grand-mère revit quand je m’assois et demande à quelqu’un comment iel va et écoute attentivement sa réponse. Son esprit me pousse à appeler mon oncle, à écrire une longue lettre à ma nièce, à porter des bijoux voyants, et inventer des chansons quand je me balance sur ma chaise. Je retrouve des parts d’elle au fond d’un shot de Jello (ceux à la limonade rose étaient ses préférés) et quand je passe devant des tasses chez un antiquaire.

Je suis la meilleure version de moi-même quand j’incarne les qualités qu’elle m’a transmis, et je peux m’imaginer des vieux jours aussi amusants que les siens : des journée remplies de courses de babioles, à déambuler dans la ville en entonnant des chansons de Willie Nelson, et jouer au Uno en mangeant des sandwichs frits au cream cheese et à la confiture. Elle était enjouée, stylée, pleine de compassion, intelligente, éblouissante et sexy pendant toutes ces années, même quand elle était mourante et quand elle retirait son dentier. Je peux aspirer à la même chose.

On a tant de rôles importants à jouer en vieillissant : la vieille bique sage, la sorcière, l’éternel farceur, celui qui offre des cadeaux, le marqueur du temps, le mentor, l’Hermite, le professeur émérite, le haut prêtre, la sage-femme, le symbole de la mort, la source de vie, la fontaine d’amour éternel. Rien de tout ça ne dépend de notre genre ni des capacités de nos corps mortels. Plus nous nous détachons de ces choses futiles, plus notre vérité se révèle.

Nous sommes ce qui demeure quand nous avons tout perdu. Et peu importe notre âge, la vie va continuer de nous surprendre à travers toutes les personnes que nous serons. Il n’y a aucune certitude sur les effets que nos hormones auront, sur ce à quoi ressembleront nos opérations dans 40 ans, sur nos regrets, ce que nos choix signifieront. Nous ne pourrons pas revenir en arrière, et aurons toujours le potentiel de construire l’avenir.

Quel cadeau, de ne pas savoir, et de pouvoir continuer de changer.

U n décors d’arbres nus et de ciel gris à Montrose Harbor, photo de l’auteur.


Sur l’auteur

Dr. Devon Price est psychologue, auteur et bloggeur. Il est l’auteur des livres:

  • Laziness Does Not Exist: A Defense of the Exhausted, Exploited and Overworked. (2021)
  • Unmasking Autism: Discovering the New Faces of Neurodiversity. (2022)
  • Unlearning Shame: How We Can Reject Self-Blame Culture and Reclaim Our Power. (2024)
  • Unmasking for Life: The Autistic Person’s Guide to Connecting, Loving, and Living Authentically. (2025)

Il écrit principalement sur les neurodivergences, la transidentité et la santé mentale, avec une approche intersectionnelle.


Mot de fin du traducteur:

Je tiens à rappeler que je ne possède et ne suis l’auteur d’aucunes ressources présentées sur ce site. Je ne fais que les traduire.

N’hésitez pas à signaler les erreurs, à faire des suggestions, et à me proposer des textes/vidéos anglophones à traduire. Je répondrais aux messages et demandes dans la mesure de mes capacités.

Soutenez les auteurices, et merci.

Cyan.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *